peche electrique

Novembre dernier, la Commission de la pêche du Parlement européen s’est réunie et prononcée par 23 voix contre 3 en faveur d’un possible développement de la pêche électrique. Pourtant, les pêcheurs et les fervents défenseurs de la vie marine s’opposent à cette pratique inhumaine qui risquerait de désertifier les océans.
L’association Bloom qui milite pour la protection des écosystèmes marins décrit ce type de pêche comme un moyen consistant à envoyer des décharges dans le sédiment en vue de capturer plus facilement les poissons plats qui y sont enfouis. Autrement dit, les pêcheurs électrocuteront les poissons au moment où ils nagent et les traqueront jusque dans leur dernier refuge. Cette technique consiste, en effet, à utiliser des chaluts à perche, dont les chaînes sont remplacées par des électrodes. Elle s’avère particulièrement efficace pour pêcher la sole, mais explose le dos et l’arête dorsale des cabillauds qui seront dans ce cas bons à jeter.

Peche interdite

L’Union européenne a interdit la pêche électrique en 1998. Cette pratique a également été bannie par les États-Unis, la Chine et le Brésil. Voilà qu’en 2007, la Commission de Bruxelles se voit accordée des dérogations qui autorisent cette méthode à titre expérimental seulement à 5 % des flottes de chalutiers à perche de chaque État-membre, et ce, uniquement en mer du Nord. La Commission de la pêche du Parlement européen a autorisé un seuil de 5 % de pêche électrique pour tous les types de pêche et non plus seulement pour les flottes de chaluts de perche de chaque État-membre. Au bout de 4 ans, cette limite pourra être levée si des études ne démontrent pas l’effet néfaste de la pêche électrique sur les écosystèmes.

Peche ecologique

Pour les pays qui pratiquent la pêche électrique comme les Pays-Bas, cette méthode s’avère plus écologique, car leurs bateaux consomment deux fois moins de carburant. De plus, elle détériore moins les fonds marins. Ces arguments sont impossibles à entendre selon le directeur scientifique de Bloom, Frédéric Le Manach. Il tient à rappeler le fait qu’aucune étude évaluant l’impact de la pêche électrique sur la ressource halieutique, les œufs, les juvéniles, les requins, les raies et d’autres espèces électrosensibles n’a été menée jusqu’ici. Par ailleurs, les poissons remontés dans les chaluts montrent souvent des ecchymoses, des déformations du squelette et des brûlures dues à l’électrocution. Dans un article publié dans le journal Le Monde, des responsables politiques européens, dont l’ex-ministre française de l’écologie Ségolène Royal, et des scientifiques avaient invité l’Europe à prohiber définitivement cette méthode « tout aussi menaçante pour les ressources que pour les pêcheurs eux-mêmes ».